Polypharmacie chez les personnes âgées
Avec l’âge, les médicaments ont tendance à s’accumuler. Pour la tension, contre la douleur, pour mieux dormir… Mais prendre quotidiennement cinq médicaments différents ou plus n’est pas sans danger. La polypharmacie comporte plusieurs risques. C’est pourquoi il est important de discuter régulièrement de ton traitement avec ton médecin et ton pharmacien, et d’aborder rapidement tes questions ou tes inquiétudes.
Quelques chiffres sur la polypharmacie
Qu’est-ce que la polypharmacie et pourquoi est-ce dangereux ?
La polypharmacie correspond à l’utilisation prolongée de cinq médicaments ou plus par jour. Cela se produit souvent parce que les personnes âgées reçoivent parfois un traitement pour plusieurs affections en même temps.
Une utilisation aussi intensive de médicaments peut entraîner des problèmes de santé, en particulier chez les personnes âgées. On peut notamment observer une augmentation des chutes, une diminution des capacités fonctionnelles au quotidien, un déclin cognitif, des troubles digestifs, de l’incontinence, des problèmes de mémoire, davantage d’hospitalisations et même une mortalité accrue. Une mauvaise utilisation des médicaments joue également un rôle. Les personnes qui prennent plusieurs médicaments ne les utilisent pas toujours comme prescrit.
Quels sont les risques de la polypharmacie ?
- Les effets secondaires possibles des différents médicaments peuvent entraîner des problèmes supplémentaires, en plus des symptômes des maladies. Les personnes âgées sont particulièrement sensibles aux effets secondaires en raison d’une fonction rénale diminuée.
- Certains médicaments peuvent renforcer ou annuler leurs effets lorsqu’ils sont utilisés ensemble. Cela augmente non seulement le risque d’effets secondaires, mais réduit également l’efficacité de certains traitements. Il est donc important de vérifier régulièrement si tous les médicaments sont encore nécessaires, adaptés et efficaces.
- La forme, la dose ou la durée d’un médicament peut être inadaptée à un patient. Par exemple, mal compter les gouttes ou avoir des difficultés à avaler de gros comprimés. Dans ce cas, le traitement comporte plus de risques que de bénéfices.
Quand on ne voit plus clair dans ses médicaments
Il peut être difficile de garder une vue d’ensemble sur tous ces différents médicaments. As-tu du mal à te souvenir des médicaments que tu dois prendre chaque jour ? As-tu des difficultés à distinguer les emballages et les types de comprimés ? Ton médecin ou ton pharmacien peut t'aider :
- Demande-leur d’établir un schéma de médication reprenant les médicaments que tu dois prendre quotidiennement ainsi que les informations pratiques sur la manière et le moment de les prendre.
- Utilise des outils pratiques pour ouvrir les pots ou un stylo à blister afin de retirer les comprimés de leur emballage.
- Utilise une boîte à pilules pour organiser tes médicaments selon les moments de prise. Tu peux aussi demander à ton pharmacien une préparation individuelle des médicaments, où ceux-ci sont conditionnés par moment de prise.
- Mets en place une alarme ou un système de rappel, ou demande à des proches de te rappeler de prendre tes médicaments.
- Tu ne sais pas quel outil est le plus adapté ? Ton pharmacien peut t’aider à trouver une solution adaptée à ton quotidien.
Si les comprimés sont trop gros, si l’emballage a changé ou si tu as un doute sur la manière de prendre un médicament, discutes-en rapidement avec ton pharmacien.
Comment prévenir la polymédication ?
Heureusement, il existe des outils pour soutenir les médecins dans le traitement, comme le dossier médical global (DMG). Celui-ci permet notamment aux médecins de partager les informations sur l’utilisation des médicaments d’un patient. Cela permet de détecter plus rapidement les sous-traitements, les surtraitements et les usages inappropriés.
Près de 85 % des personnes âgées utilisant au moins 5 médicaments de manière prolongée disposent d’un tel dossier.
Les pharmaciens peuvent également partager des informations entre eux via le dossier pharmaceutique partagé. Les patients peuvent aussi choisir un pharmacien de référence pour le suivi de leur médication. Celui-ci établit un aperçu de tous les médicaments utilisés, y compris ceux sans prescription. Cependant, seulement 30 % des personnes de plus de 75 ans étudiées en bénéficient.
Un partage numérique plus étendu des informations entre médecins et pharmaciens permettra d’optimiser l’utilisation des médicaments. Le patient doit également être activement impliqué afin de comprendre les objectifs du traitement et les raisons de l’arrêt de certains médicaments.
Si tu utilises au moins cinq médicaments chroniques remboursés, tu peux éventuellement bénéficier d’une révision de médication chez ton pharmacien de référence, en concertation avec ton médecin. Cette analyse permet de vérifier si les médicaments sont utilisés correctement et d’identifier d’éventuels problèmes ou améliorations possibles.
Des questions sur la polymédication ?
Tu as des questions concernant ta médication ? Ton médecin généraliste ou ton pharmacien est toujours disponible pour te conseiller. Discute ouvertement des médicaments que tu prends, y compris les compléments alimentaires ou l’automédication, et mentionne également tout changement récent dans ton traitement. Les hospitalisations récentes, les chutes, les problèmes d’équilibre ou les difficultés à comprendre des informations écrites sont également importants à signaler.
Ressens-tu des effets secondaires tels que confusion, bouche sèche, somnolence ou saignements ? Oublies-tu régulièrement de prendre tes médicaments ou rencontres-tu d’autres difficultés ? Des changements dans ton état de santé ou ta situation personnelle, comme le décès d’un partenaire, peuvent aussi influencer ton traitement et l’effet des médicaments.
Conseil : note tes questions à l’avance afin de ne rien oublier lors de ta consultation.
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