Blog

Vous souffrez du syndrome de l’imposteur ?

Cedric Arijs

Psychologue chez la ligne d'écoute Helan

C’est le cas de nombreuses personnes. Ce terme revient fréquemment, mais qu’est-ce que le syndrome de l’imposteur ? Cedric Arijs, psychologue pour la ligne d’écoute Helan, nous explique.

La peur d’être démasqué

« Écrire un article sur le syndrome de l’imposteur pour Helan Magazine… Je connais bien ce phénomène, mais suis-je le bon psychologue pour l’expliquer correctement ? J’ai certainement des collègues qui ont déjà davantage approfondi ce concept … Ou qui seraient capables de mieux l’interpréter. Ce n’est pas comme si j’avais fait des recherches scientifiques sur ce sujet... Les gens vont penser que je dis n’importe quoi ?! »

Vous reconnaissez ce type de réflexion ? Alors vous connaissez déjà le syndrome de l’imposteur.

Il s’agit d’une conviction persistante et illogique selon laquelle une personne ne serait pas aussi compétente, intelligente ou méritante qu’elle semble l’être à première vue.

Ce syndrome se caractérise parun sentiment de doute de soi et la peur d’être exposé comme un tricheur dans sa vie personnelle et professionnelle. Ce sentiment conduit ainsi à un besoin exagéré d’affirmation et de reconnaissance par autrui.

Il est important de noter que ce « syndrome » n’est pas une affection ou un trouble en soi. Son nom désigne principalement un phénomène psychologique de pensées et de sentiments typiques.

Le syndrome de l’imposteur est un phénomène complexe et multiforme, dont la cause exacte peut varier d’une personne à l’autre. Il peut toucher n’importe qui, indépendamment du sexe, de l’âge, des antécédents, des réalisations et des qualifications.

C'est normal de manquer d'assurance et d'échouer de temps en temps.

Comment se produit le syndrome de l'imposteur ?

  • Perfectionnisme : La tendance à se fixer des exigences élevées et la peur de l’échec qui l’accompagne peuvent y contribuer.
  • Comparaison sociale : Le fait de se comparer aux autres et de se sentir incompétent peut conduire à douter de soi et à se sentir inapte.
  • Absence d'autosatisfaction : Les personnes qui n'assument pas leurs succès et les attribuent à des facteurs externes, comme la chance ou les relations, sont plus susceptibles d’avoir l’impression d’être un imposteur.
  • Expériences de l’enfance : Les expériences de l’enfance, telles que la négligence, les abus ou les critiques persistantes, peuvent entraîner une faible estime de soi qui peut également y contribuer.
  • Facteurs culturels ou sociaux : Les préjugés sexistes, les attentes sociales ou les stéréotypes peuvent amener certaines
    personnes à penser qu’elles n’ont pas leur place dans leur profession.
  • Environnement sous haute pression : Le fait de travailler dans un environnement sous haute pression, où le succès est
    fortement valorisé et où les erreurs ne sont pas tolérées, peut augmenter la probabilité du syndrome de l’imposteur.
  • Il est plus fréquent chez les personnes ayant un statut de réussite, comme les professionnels, les cadres, les entrepreneurs, les athlètes, les universitaires ou les artistes.

Que pouvez-vous faire ?

  • La première étape pour surmonter le syndrome de l’imposteur consiste à reconnaître et admettre les sentiments de doute et d’insécurité.
  • Entourez-vous d’amis qui vous soutiennent, de votre famille ou d’un thérapeute qui peut vous aider à reconnaître et à remettre en question les pensées et les convictions négatives.
  • Regardez l’échec différemment et considérez-le comme une opportunité d’apprentissage et un tremplin vers la réussite. Vous pouvez échouer dans une action ou un projet, mais jamais en tant que personne.
  • Prenez le temps de fêter vos réalisations, même les plus petites, et reconnaissez votre travail ainsi que votre dévouement. Tout n’est pas une question de chance.

Exercice contre le syndrome de l'imposteur

Travaillez sur vos pensées négatives, vous avez en fait deux options :

  • Les pensées sont-elles fondamentalement erronées ? Par exemple : « Tu es vraiment trop bête pour ce travail » Remplacez les pensées négatives par un discours positif et concentrez-vous sur vos points forts, vos réalisations et vos succès. Par exemple : « J’ai étudié et postulé pour obtenir cette place, je possède donc les bases nécessaires pour faire la différence ici. »
  • Les pensées sont-elles désagréables mais plausibles ? Par exemple : « Tu pourrais bien perdre ce poste » Apprenez à autoriser des pensées comme celles-ci. Cela ne signifie pas que vous devez les aimer ou les accueillir, mais n’essayez surtout pas de les repousser.

Conseil

Comme la voix de l’imposteur se fait souvent entendre dans votre tête, vous pourriez tout aussi bien lui donner un nom. Il est ainsi plus facile de prendre de la distance avec ses pensées. De cette manière, vous remarquerez plus rapidement quand votre imposteur vous fait marcher au pas.

Helan vous aide

Vous vous reconnaissez dans cet article, cela vous dépasse parfois, vous n’arrivez pas à vous sortir d’une certaine situation, vous vous sentez accablé(e) mentalement ? Les psychologues de la Ligne d’écoute Helan sont à votre disposition gratuitement.

Vous pouvez réserver une consultation par téléphone ou par appel vidéo. Après un entretien d’introduction sans engagement, vous pourrez prendre rendez-vous pour une consultation avec un psychologue spécialisé dans votre question ou problème. Vous avez droit à 5 séances gratuites. Dans le respect de votre vie privée.

Plus d'articles sur le bien-être

Lire plus

Partagez cet article

Lire la suite

meisje met migraine
Blog

La migraine : bien plus qu’un mal de tête

Lorsque l’on parle migraines, on pense souvent aux maux de tête, mais en fait, c’est bien plus que ça. Koen Paemeleire, neurologue à l’UZ Gent nous l’explique.

Blog

Votre corps après l’accouchement

Après l’accouchement, votre corps subit de fameuses transformations, tant visibles qu’internes et imperceptibles.

Blog

Le vélo d'Hélène

Hélène à treize ans. Elle aime la musique et regarder la télé, mais par-dessus tout, elle aime ses parents et son petit frère. Mais de temps en temps, elle laisse voir son mauvais côté. Il faut dire qu'Hélène n'est pas vraiment comme les autres filles de son âge. Héléne souffre d'un retard de développement et d'épilepsie sévère.

Blog

Quarantaine et prévention des chutes

Les mesures prises pour protéger autant que possible les personnes les plus fragiles du coronavirus ont réduit les contacts sociaux, et limité les activités. Ainsi, le rendez-vous hebdomadaire chez le kiné a été reporté, on apporte les courses au domicile, le rendez-vous chez le coiffeur a été annulé, … Pour résumer, les aînés restent davantage chez eux que les plus jeunes générations. Et le fait de bouger moins augmente aussi le risque de chute.