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Pourquoi de plus en plus de personnes reçoivent un diagnostic

Aujourd’hui, de plus en plus de gens reçoivent un diagnostic. Autisme, TDAH, haut potentiel : on en entend parler partout. À l’école, au travail, en ligne. Est-ce que nous cataloguons trop rapidement les gens ? Ou est-ce qu’une étiquette aide à mieux se comprendre les uns les autres ? Le chercheur et auteur Gert-Jan Vanaken y perçoit à la fois des avantages et des inconvénients. « Les diagnostics ne sont pas une mode. Mais la façon dont nous en discutons est essentielle. »

La neurodiversité, vraiment partout ?

De nos jours, tout le monde souffre de TDAH (trouble du déficit de l’attention et hyperactivité). Ne sommes-nous pas tous un peu autistes ? Gert-Jan Vanaken n’apprécie que très peu ce genre de déclarations. Il est chercheur en postdoctorat à la KU Leuven et à l’Université d’Anvers, et travaille actuellement à la rédaction d’un livre consacré à la neurodiversité.

« Notre société est diverse neurologiquement : chaque cerveau est différent. Mais la neurodiversité, comme l’autisme, le TDAH, le haut potentiel et la dyslexie, vous fait percevoir le monde différemment. Votre cerveau traite les stimuli d’une manière différente de celle d’une personne « neurotypique » lambda.

« Le nombre de diagnostics a effectivement fortement augmenté au cours des 25 dernières années. Cela donne l’impression que presque tout le monde a désormais une étiquette, alors que ce n’était pas le cas auparavant. Mais les personnes neurodivergentes ont toujours existé. C’est simplement qu’aujourd’hui, nous portons un autre regard sur les différences. »

Davantage de reconaissance

Environ 1 personne sur 5 se considère neurodivergente. De plus en plus reçoivent également un diagnostic officiel. Cela s’explique notamment par la modification des critères du DSM, le manuel utilisé par les professionnels de la santé pour classer et nommer les troubles mentaux.

« Avant, l’autisme était principalement associé aux enfants présentant une déficience intellectuelle et un retard de langage », explique Gert-Jan. « Au début des années 90, l’autisme a fait l’objet d’une description plus large dans le DSM-4, apportant davantage d’attention aux différences subtiles. » Cela nous permet aujourd’hui de reconnaître des profils qui passaient inaperçus auparavant.

Par ailleurs, notre société est devenue plus rapide, plus complexe et plus stimulante. Les personnes traitant les informations ou interprétant les signaux sociaux d’une manière différente peuvent se sentir davantage écartées dans un tel environnement.

Les personnes neurodivergentes ont toujours existé, mais aujoud'hui, nous portons un autre regard sur les différences.

La valeur d'une étiquette

Un diagnostic est-il si important ? Devons-nous absolument donner un nom à nos différences ? « Un diagnostic apporte une réelle valeur ajoutée », estime Gert-Jan Vanaken.

« Il offre aux chercheurs et aux professionnels de la santé un langage commun. Cela nous permet de mieux comprendre et soutenir les gens. Pour un·e thérapeute, il est par exemple pertinent de savoir si les symptômes d’épuisement professionnel sont liés à un TDAH ou à l’autisme. »

Sur le plan personnel, un diagnostic apporte souvent un soulagement et une reconnaissance. Vous pouvez mettre des mots sur ce que vous ressentez depuis des années. Vous comprenez mieux pourquoi vous rencontrez certaines difficultés. Et vous découvrez que vous n’êtes pas seule. Le soutien d’une communauté, en personne ou en ligne, est inestimable.

« Sur le plan social, un diagnostic offre également des avantages. Vous pouvez bénéficier de mesures adaptées à l’école ou au travail, ou recevoir des aides officielles. » Les diagnostics ne se résument pas à de simples mots. Ils peuvent ouvrir des portes.

Stéréotypes nuisibles

Il y a toutefois un revers à cette médaille. Beaucoup entament un processus de diagnostic uniquement lorsqu’ils se trouvent dans une impasse totale. Cette étiquette finit alors rapidement par coller à tous les aspects difficiles de leur vie.

« Le langage utilisé par les professionnels de la santé peut encore renforcer ce sentiment », explique Gert-Jan. « Si vous entendez uniquement parler de ce que vous ne pouvez pas faire, cela pèse sur votre image de vous-même. »

L’entourage ne réagit pas non plus toujours de manière adaptée. TDAH ? Vous n’avez alors pas votre place dans l’enseignement ordinaire. Autisme ? Il vaut mieux que vous n’ayez pas de contact avec des clients. Ce sont des stéréotypes nuisibles. Le problème n’est donc pas l’étiquette en soi, mais la manière dont nous la traitons en tant que société.

La neurodivergence comme super-pouvoir ? Cette image est également trop simpliste. Elle ne rend pas justice aux défis auxquels les personnes sont confrontées. Toutes les personnes autistes ne sont pas des génies. Toutes les personnes atteintes de TDAH ne débordent pas d’énergie au quotidien. Certaines choses restent difficiles, même au sein d’un environnement compatissant.

Un diagnostic apporte souvent un soulagement, en mettant des mots sur ce que vous ressentez depuis des années.

Le pouvoir des mots

« Comment pouvons-nous cesser de considérer l’autisme, le TDAH et d’autres formes de neurodivergence comme des troubles, mais plutôt comme une forme de différence ? Comment pouvons-nous devenir des alliés, en ne partant pas des lacunes, mais en valorisant les personnes ? C’est vers cela que nous devons tendre », déclare Gert-Jan Vanaken.

Il plaide en faveur d’une approche neuro-affirmative. « Celle-ci ne cherche pas à modeler les gens pour en faire des citoyens « normaux », mais leur apprend justement à accepter leurs différences. Elle encourage une réflexion critique : comment pouvons-nous adapter l’environnement pour que vous puissiez vous épanouir davantage ? »

Cette approche:

  • A un effet positif sur votre identité
  • Réduit le risque d’anxiété et de dépression.

« Un diagnostic n’est pas une liste de déficiences, mais un moyen de mieux se comprendre. Le langage que nous utilisons, l’histoire que nous tissons autour d’un diagnostic, sont donc essentiels. Il est crucial que non seulement les professionnels de la santé, mais aussi les parents d’enfants diagnostiqués en soient informés le plus tôt possible. »

Résaux sociaux et autodiagnostic

Les étiquettes ont le vent en poupe, y compris dans notre vie quotidienne. Vous avez oublié vos clés ? « C’est mon côté hyperactif. » De mauvaise humeur quand les plans changent ? « Ça doit être l’autisme. »

Sur les réseaux sociaux, tout le monde ou presque semble être atteint d’un trouble. Et chaque nouvelle publication fournit une liste de critères pour s’autodiagnostiquer. Est-ce que nous utilisons ce langage psychologique trop librement ?

« C’est une arme à double tranchant. D’un côté, cela contribue à une plus grande prise de conscience et à une meilleure reconnaissance. Pour beaucoup de personnes qui ont lutté pendant des années, cela peut être un soulagement. D’autant plus que les diagnostics officiels ne sont pas faciles d’accès et que les listes d’attente sont longues.

L’autodiagnostic peut donc être précieux. Mais lorsque nous utilisons ces termes de manière trop vague, ils perdent de leur sens. Nous avons besoin d’espace pour partager nos expériences, mais avec la prudence nécessaire. »

Mieux vivre ensemble

La question demeure : comment vivre ensemble en harmonie malgré les différences entre nos cerveaux ? Selon Gert-Jan Vanaken, tout commence par la prise de conscience. « Ne partez pas du principe que ce qui fonctionne pour vous fonctionne aussi pour les autres. Entamez le dialogue : qu’est-ce que cela signifie pour toi, de quoi as-tu besoin ? »

Il renvoie à des projets éducatifs dans lesquels les enfants de l’école primaire discutent de la neurodiversité. Ils apprennent par exemple que « juste » n’est pas toujours synonyme « d’égal ».

Certains camarades de classe:
  • Ont besoin d’un casque audio.
  • Restent à l’intérieur pendant la récréation.

Ce n’est pas injuste, c’est une forme d’équité.

En tant qu’adultes, nous pouvons également faire cet exercice. En écoutant davantage, et en présumant moins. « Peut-être qu’une sortie dans un café animé après le travail est relaxante pour vous, mais épuisante pour votre collègue. Peut-être qu’un lieu de travail calme est plus efficace qu’un open space. Discutez-en. Vous parviendrez ainsi à un terrain d’entente et à une responsabilité partagée pour rendre le monde plus inclusif. » Le tout est de continuer à se côtoyer, peu importe les étiquettes

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