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Botox et fillers : une pratique de plus en plus courante et davantage de complications

Les traitements à base de fillers et botox gagnent en popularité, notamment sous l’influence des filtres sur les réseaux sociaux et des standards esthétiques très présents en ligne. Par ailleurs, face au prix souvent élevé de ces traitements esthétiques, certaines personnes cherchent des alternatives moins chères, parfois à l’étranger ou dans des structures non médicales, avec des risques accrus.

Une hausse continue des injections esthétiques

En 2023, 66.129 traitements à la toxine botulique et 42.847 injections de fillers ont été réalisés en Belgique, selon les chiffres de l’ISAPS, l’association mondiale de chirurgie plastique. D’année en année, le nombre d’interventions esthétiques ne cesse d’augmenter. Comment l’expliquer ?

Cette évolution s’explique en partie par l’influence des réseaux sociaux : lèvres pulpeuses, peau lissée, traits harmonisés, teint éclatant, pommettes plus marquées, nez plus fin… Le tout sans intervention esthétique. Les filtres donnent, en un clin d’œil, une version « idéalisée » du visage qui peut éloigner de la perception d’un visage naturel avec ses expressions et ses signes de vieillissement.

Ces dernières années, une autre tendance anti-âge s’est aussi imposée : celle du résultat « naturel ». L’objectif n’est plus forcément de transformer les traits, mais de les rafraîchir de manière subtile. Pour cela, on utilise notamment des stimulateurs de collagène.

Une pratique hors du cadre médical

Selon l’ISAPS, les pratiques non médicales se multiplient, ce qui suscite certaines préoccupations. Des professionnels non médicaux, dont des esthéticiennes, proposent aujourd’hui des traitements injectables, sans toujours disposer de la formation médicale approfondie nécessaire. 

Pour les patients, il n’est pas toujours évident de savoir si une pratique est encadrée légalement, si le prestataire possède les qualifications nécessaires, ou encore de connaitre précisément la nature des produits injectés.

Dans le même temps, les signalements de complications après traitement augmentent. Mais ils ne représentent que la partie émergée de l’iceberg car il est difficile d’en mesurer l’ampleur, notamment en raison du tourisme esthétique et des pratiques hors du cadre médical classique. Si ces alternatives peuvent sembler plus abordables, elles comportent aussi davantage de risques.

Les produits à bas prix peuvent contenir des substances non réglementées, comme du glycérol ou des silicones industriels. L’origine et la composition de ces produits ne sont pas toujours connues, ce qui peut poser un problème de sécurité et de qualité, avec des résultats moins satisfaisants et un risque accru d’inflammations et de problèmes de santé.
Des conditions d’hygiène insuffisantes peuvent aussi favoriser des infections ou d’autres complications. Dans les cas les plus graves, des interventions mal réalisées peuvent entraîner des problèmes sérieux : infections, gonflements, inflammations ou cicatrices permanentes. Plus rarement, des nécroses, des pertes de vision voire des décès ont été signalés.

Botox, fillers et stimulateurs de collagène : de quoi parle-t-on ?

Le botox

Le botox (toxine botulique) agit en relaxant temporairement les muscles du visage. Il permet d’atténuer les rides d’expression, comme les rides du lion ou les pattes d’oie. La technique de mini botox est de plus en plus utilisée : elle permet d’éviter l’effet de « front figé » en conservant une mimique naturelle.

Les fillers

Les fillers sont des injections de gel dans la peau, le plus souvent à base d’acide hyaluronique. Ils servent à redessiner les contours du visage, à combler certaines rides ou à compenser la perte naturelle de volume liée au vieillissement. Avec le temps, certaines personnes peuvent avoir besoin de volumes plus importants pour obtenir le même effet, un phénomène parfois appelé « filler fatigue ».

Mal injectés ou mal dosés, les fillers peuvent entrainer des effets secondaires : ecchymoses, gonflement du visage ou migration du produit vers une autre zone. En cas de problème, un filler à base d’acide hyaluronique peut toutefois être dissous à l’aide d’une enzyme appelée hyaluronidase. Réalisé par un professionnel expérimenté avec des produits adaptés, ces traitements par fillers sont généralement sûrs.

Les stimulateurs de collagène

Les stimulateurs de collagène, quant à eux, agissent différemment : ils stimulent la production naturelle de collagène pour obtenir un effet rajeunissant progressif et naturel.
Tous ces traitements ont un effet temporaire et doivent être répétés pour maintenir le résultat : environ tous les 4 à 6 mois pour le botox, un an pour les fillers et 2 à 3 ans pour les stimulateurs de collagène.

Quelques conseils

  • Avant toute intervention, vérifiez que le professionnel dispose d’un numéro INAMI et des certificats requis pour réaliser des interventions esthétiques. En Belgique, les chirurgiens plasticiens sont notamment reconnus via la Royal Belgian Society for Plastic Surgery ou à des labels spécialisés comme Real Plastic Surgeon. Les dermatologues sont regroupés au sein de la Société belge de Dermatologie et de Vénéréologie et tous les médecins sont inscrits à l’Ordre des médecins.

  • Faites preuve d’esprit critique et prenez le temps de vous informer sur les techniques proposées et les prix pratiqués. Des tarifs anormalement bas ou un manque de transparence sont des signaux d’alerte.

  • Demandez un avis médical au préalable auprès d’un dermatologue, chirurgien plasticien ou médecin formé en esthétique.

  • Renseignez-vous précisément sur les produits utilisés, en demandant par exemple l’étiquette du produit injecté pour une meilleure traçabilité du traitement.

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